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# Posté le samedi 01 décembre 2007 19:42

Psychanalyse des contes de fée : le petit chaperon rouge

Psychanalyse des contes de fée : le petit chaperon rouge
Le Petit Chaperon rouge

Le Petit Chaperon rouge, héroïne éponyme du conte, une gentille mais imprudente fillette, se fait dévorer par le loup dont elle ne s?est pas méfiée, après que ce dernier a englouti sa grand-mère et s?est introduit dans son lit. Le conte de Perrault est clairement destiné à l?édification morale des enfants, tandis que les frères Grimm lui donnent une fin plus heureuse.


La version de Charles Perrault


Le Petit Chaperon rouge, la plus jolie jeune fille du village, est appelée ainsi à cause de sa coiffure que lui a fait faire sa grand-mère et qui lui va si bien ? le chaperon est à l?époque de Perrault une coiffure féminine très populaire. Elle va porter une galette et un petit pot de beurre à sa grand-mère malade, qui demeure dans un autre village. En chemin, elle rencontre un loup affamé qui entend la dévorer mais en est empêché à cause de la présence de bûcherons dans le bois. Le loup lui indique le chemin le plus long pour aller chez la grand-mère et emprunte le plus court. Se faisant passer pour la fillette, il pénètre dans la maison et dévore la grand-mère alitée. Quand le Petit Chaperon rouge frappe à la porte, le loup se fait cette fois passer pour la vieille femme. Dissimulé sous les draps, il invite le Petit Chaperon rouge à se coucher près de lui. La fillette s?étonne de l?apparence de sa grand-mère (« Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ! ? C?est pour mieux t?embrasser, ma fille. »). Au terme du petit dialogue répétitif (« Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ! ? C?est pour te manger. »), le loup la dévore.

La moralité invite les jeunes filles à se méfier des loups qui les suivent « jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles », encore plus des « loups doucereux », de tous, « les plus dangereux ».


Le RothKäppchen des frères Grimm


Dans leur version bavaroise, les frères Grimm insistent sur les conseils donnés par sa mère au Petit Chaperon rouge ? coiffé d?un bonnet de velours rouge ?, chargé de porter un morceau de gâteau et une bouteille de vin à sa grand-mère. Elle doit faire vite, ne pas s?écarter de la route et ne pas « fureter dans tous les coins ». Dans la forêt, le loup l?incite au contraire à regarder les fleurs et à écouter le chant des oiseaux. Pendant que la fillette fait un bouquet pour sa grand-mère, il court dévorer cette dernière, enfile ses habits et se couche dans son lit. Survient le Petit Chaperon rouge, qui se fait dévorer à son tour. Repu, le loup s?endort. Mais, attiré par ses forts ronflements, un chasseur lui ouvre le ventre et libère le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère, sains et saufs. Ils remplissent alors de grosses pierres le ventre du loup qui, à son réveil, veut s?enfuir mais s?écrase par terre et meurt. Le Petit Chaperon rouge médite sur son erreur : « Je ne quitterai plus jamais mon chemin pour aller me promener dans la forêt, quand ma maman me l?aura interdit. »

Les frères Grimm présentent également une variante ? en fait, une sorte d?additif ? dans lequel un autre loup essaie de détourner le Petit Chaperon rouge de son chemin. Cette fois, la petite fille va tout droit chez sa grand-mère. Elles cadenassent la porte ; à la fin, le loup glisse du toit et se noie dans une auge remplie d?eau.


Sources et interprétations


L?histoire connaît de nombreuses versions dans la tradition orale ; l?ethnologue Yvonne Verdier en a étudié une quarantaine, collectées sur un territoire étroit allant du bassin de la Loire au nord des Alpes. Charles Perrault s?inspire directement de la tradition orale française et signe la première version écrite et imprimée. Parmi les versions recueillies après lui, certaines présentent des traits et des motifs absents chez lui, et donc issus de la tradition orale, quelques-unes doivent tout à la version de Perrault et sont retournées à la tradition orale, d?autres sont mixtes : elles contiennent à la fois des éléments issus de la version imprimée et des éléments indépendants. Les similitudes entre les versions de Perrault et des frères Grimm viendraient du fait que ces derniers ont recueilli leur version d?une jeune fille dont la grand-mère était française. Celle-ci aurait emprunté le dénouement à une pièce de théâtre inspirée du conte le Loup et les chevreaux.

La réussite de Perrault tient notamment à son écriture maîtrisée, faisant appel à des éléments appartenant au style oral : dialogues présentés en style direct, répétitions, « formulettes » (« Tire la chevillette et la bobinette cherra »). Sa version comporte des différences avec la tradition orale ; il rajeunit l?héroïne, invente le motif du chaperon rouge et supprime plusieurs épisodes : celui du choix laissé par le loup à l?héroïne entre le « chemin des épingles » (la puberté) et celui « des aiguilles » (les aiguilles de couture de la grand-mère), celui du repas cannibalesque (elle se voit offrir par le loup un peu de chair et de sang de sa grand-mère qu?elle fait cuisiner selon une recette rituelle), la scène du déshabillage progressif de la fillette accompagné d?un dialogue répétitif, et enfin le dénouement heureux présent que l?on retrouve dans la version des frères Grimm.

Selon Yvonne Verdier, ces motifs évoquaient divers rites de passage ponctuant le destin des femmes dans les sociétés traditionnelles. Lors de son séjour chez sa grand-mère, l?héroïne était instruite de son avenir féminin (par le biais de la couture, de la cuisine, de l?initiation sexuelle). Sous la plume de Perrault, le récit devient un simple « conte d?avertissement », jouant notamment sur la métaphore « avoir vu le loup » (pour une fille, avoir eu des relations sexuelles). Les connotations sexuelles sont clairement énoncées dans la moralité.

Dans cette perspective, le psychanalyste Bruno Bettelheim reproche à la version de Perrault son « excès de simplification, joint à une moralité exprimée sans ambages », qui font de cette histoire « un conte de mise en garde qui énonce absolument tout » (« On supprime toute la valeur du conte de fées si on précise à l?enfant le sens qu?il doit avoir pour lui. »), et lui préfère la version des frères Grimm à laquelle il consacre son analyse.
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# Posté le samedi 01 décembre 2007 18:12

Les contes de fée et la conjoncture existentielle

Les contes de fée et la conjoncture existentielle
Les contes de fées et la conjoncture existentielle
Les contes de fées ont pour caractéristique de poser des problèmes existentiels en termes brefs et précis. L?enfant peut ainsi affronter ces problèmes dans leur forme essentielle, alors qu?une intrigue plus élaborée lui compliquerait les choses. Le conte de fées simplifie toutes les situations. Ses personnages sont nettement dessinés ; et les détails, à moins qu?ils ne soient très importants sont laissés de côté. Tous les personnages correspondent à un type ; ils n?ont rien d?unique.

Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des histoires modernes pour enfants, le mal, dans les contes de fées, est aussi répandu que la vertu. Dans pratiquement tous les contes de fées, le bien et le mal sont matérialisés par des personnages et par leurs actions, de même que le bien et le mal sont omniprésents dans la vie et que chaque homme a des penchants pour les deux. C?est ce dualisme qui pose le problème moral ; l?homme doit lutter pour le résoudre.
Le mal est présenté avec tous ses attraits ? symbolisés dans les contes par le géant tout-puissant ou par le dragon, par les pouvoirs de la sorcière, la reine rusée de Blanche-Neige ? et, souvent, il triomphe momentanément. De nombreux contes nous disent que l?usurpateur réussit pendant quelque temps à se tenir à la place qui appartient de droit au héros ( comme les méchantes s½urs de Cendrillon ). Ce n?est pas seulement parce que le méchant est puni à la fin de l?histoire que les contes ont une portée morale ; dans les contes de fées, comme dans la vie, le châtiment, ou la peur qu?il inspire, n?a qu?un faible effet préventif contre le crime ; la conviction que le crime ne paie pas est beaucoup plus efficace, et c?est pourquoi les méchants des contes finissent toujours par perdre. Ce n?est pas le triomphe final de la vertu qui assure la moralité du conte mais le fait que l?enfant, séduit par le héros s?identifie avec lui à travers toutes ses épreuves. A cause de cette identification, l?enfant imagine qu?il partage toutes les souffrances du héros au cours de ses tribulations et qu?il triomphe avec lui au moment où la vertu l?emporte sur le mal. L?enfant accomplit tout seul cette identification, et les luttes intérieures et extérieures du héros impriment en lui le sens moral.
Les personnages des contes de fées ne sont pas ambivalents ; ils ne sont pas à la fois bons et méchants, comme nous le sommes tous dans la réalité. De même qu?une polarisation domine l?esprit de l?enfant, elle domine le conte de fées. Chaque personnage est tout bon ou tout méchant. Un frère est idiot, l?autre intelligent. Une s½ur est vertueuse et active, les autres infâmes et indolentes. L?une est belle, les autres sont laides. L?un des parents est tout bon, l?autre tout méchant. La juxtaposition de ces personnages opposés n?a pas pour but de souligner le comportement le plus louable, comme ce serait vrai pour les contes de mise en garde [?]. Ce contraste des personnages permet à l?enfant de comprendre facilement leurs différences, ce qu?il serait incapable de faire aussi facilement si les protagonistes, comme dans la vie réelle, se présentaient avec toute leur complexité. Pour comprendre les ambiguïtés, l?enfant doit attendre d?avoir solidement établi sa propre personnalité sur la base d?identifications positives.
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# Posté le samedi 01 décembre 2007 18:03

Psychanalyse des contes de fée : les trois petits cochons

Psychanalyse des contes de fée : les trois petits cochons
L'interprétation de Bruno Bettelheim
Bruno Bettelheim, dans sa Psychanalyse des contes de fées, fonde son analyse sur la version ancienne (l'impact du conte est annulé, selon lui, dans les versions édulcorées où les deux premiers petits cochons survivent). Le conte pose le problème suivant : faut-il suivre dans la vie le principe de plaisir ou le principe de réalité ? Les deux premiers petits cochons vivent selon le principe du plaisir en recherchant des satisfactions immédiates. Le troisième, souvent présenté comme le plus gros et le plus âgé, fait preuve d'une plus grande maturité ; il a appris à se comporter en accord avec le principe de réalité.

En s'identifiant aux petits cochons, l'enfant se rend compte qu'une évolution est possible. En termes freudiens, Bettelheim explique que le conte montre « le progrès qui va de la personnalité dominée par le ça, à une personnalité influencée par le surmoi, mais surtout contrôlée par le moi. » Le loup représente « toutes les puissances asociales, inconscientes et dévorantes, contre lesquelles on doit apprendre à se protéger et que l'on peut détruire par la force du moi. »
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# Posté le samedi 01 décembre 2007 17:55

je peux régurgiter ?

je peux régurgiter ?
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# Posté le jeudi 22 novembre 2007 17:07